Henri Cartier-Bresson’s scrapbook

La Fondation HCB, en collaboration avec The Museum of Photography, est heureuse de présenter l’un de ses trésors maintenant restauré : le Scrapbook. Cette sélection remarquable de plus de 250 tirages 8 x 12 cm réalisés par Cartier-Bresson lui-même en 1946 constitue une étape très importante dans l’appréhension de son œuvre. C’est la première fois que cet ensemble unique est présenté en Asie.

En 1943, Nancy et Beaumont Newhall du Museum of Modern Art de New York (MoMA), pensant qu’Henri Cartier-Bresson avait disparu pendant la guerre, préparaient une exposition « posthume » de son travail. Cartier-Bresson,  qui s’était évadé et avait obtenu de faux papiers, apprit cette nouvelle avec plaisir en 1945. Il entreprit alors un bilan de son œuvre préparatoire à l’exposition. En 1946, il tira à Paris plus de 250 épreuves, qu’il colla à son arrivée à New York dans un album, le Scrapbook, avant de les montrer au MoMA. La plupart de ces photographies étaient inédites à l’époque ; beaucoup sont devenues emblématiques aujourd’hui.

La sélection de Cartier-Bresson rassemble des images réalisées entre 1932 et 1946, notamment à Marseille (où il acquiert son premier Leica) et à Paris ; puis l’Italie, l’Espagne, le Mexique, les années du Front Populaire, le couronnement du roi George VI à Londres, le retour des prisonniers de guerre en Allemagne,… Dans cette sélection, on retrouve également les fameux portraits de peintres français (Matisse, Braque, Bonnard, …) ou d’écrivains (Claudel, Sartre, Eluard, …) réalisés pour l’éditeur Braun et pour diverses publications de l’époque. Cette première phase de l’oeuvre de Cartier-Bresson est révélatrice des mouvements visuels qui l’influençaient alors : le surréalisme, qu’il affectionnait particulièrement dans les années 1930, puis le cinéma, qu’il avait étudié en 1935 avec Paul Strand aux Etats Unis, avant de travailler sur les films de Jean Renoir entre 1936 et 1939.

L’exposition du MoMA ouvrit ses portes le 4 février et se termina le 6 avril 1947. La presse rapporta l’évènement avec enthousiasme : Henri Cartier-Bresson y était salué comme un « artiste historien ». Sa liberté de mouvement, l’acuité de son regard et le peu d’attention qu’il portait à la technique fascinaient les Américains. On assistait clairement à l’émergence d’une nouvelle façon de voir. Le « Scrapbook » marque un tournant fondamental dans l’œuvre d’Henri Cartier-Bresson, comme il l’avait lui-même si bien formulé en 1980 dans un entretien avec Hervé Guibert : « J’allais à la recherche de la photo pour elle-même, un peu comme on fait un poème. Avec Magnum est née la nécessité de raconter des histoires ».

Au début des années 1990, conscient de la richesse de cet album, Cartier-Bresson s’y intéressa à nouveau. Il décolla la plupart des tirages pour les protéger (il ne reste aujourd’hui que treize pages montées en l’état d’origine). Les épreuves décollées ont été restaurées avec soin. Cet ensemble inestimable fait désormais partie de la collection de la Fondation HCB.

L’exposition présente 269 documents et tirages d’époque réalisées par Cartier-Bresson en 1946.

Date

Du 27 août au 3 décembre

Lieu

Musée de la Photographie Hanmi, Séoul